• L’après

 

 

Karl Wilhelm Naundorff

 

 

Naundorff, tout comme Louis XVII était blond et avait les yeux clairs et avaient tous les deux la passion de l'horlogerie. .  

 

Un rapport prussien conclut :

 

« Le Gouvernement Prussien n’a pas pu trouver dans quelle ville cet homme est né ni de quels parents. Nous avons fait tous les efforts possibles sans pouvoir obtenir de renseignements sur la personne avant 1810 : nous ne savons ni où il était ni qui il était. »

 

 

Alain Decaux, ancien Ministre, écrit dans son livre : « Louis XVII retrouvé » :

 

« Lorsqu’on lit les lettres de Louis XVII, on y retrouve un homme étonnant, curieux, complètement différent de celui que l’on retrouve en étudiant sa vie et ses déclarations qui, souvent, ne sont pas très sympathiques (la vie n’a pas été douce avec lui…) Voilà un homme d’une grande gentillesse, d’une simplicité presque charmante, très sensible. Les conseils qu’il donne à son épouse sur des sujets qui ne touchent pas à ses revendications sont ceux d’un mari aimant ; les avis qu’il donne à ses enfants sont ceux d’un père affectionné quoique sévère. » 

 

 

 

Louis XVII fut temps confié à Elizabeth Leschot, la belle-sœur de l’horloger qui vint au château, au 6 rue de Seine. Devant passer pour son fils, il dut apprendre l’Allemand ; et madame Leschot lui conseilla même de ne plus parler qu’Allemand, jusqu’au jour il serait sauvé.

La rue de Seine donne sur la maison de Madame de Beauharnais. Il y a des témoignages disant que la future Impératrice, alors maîtresse de Barras, avait bien dit avoir vu le fils de Louis XVI.

 

Ils réussirent à s’enfuit dans un château de Vitry-sur-Seine.

Le 21 avril 1796, des révolutionnaires pénétrèrent dans la propriété et massacrèrent tous ceux qui ne purent s’enfuir. Hommes, femmes, enfants. Madame Depetitval, par exemple, la femme de chambre qui s’occupait du garçon, fut elle décapitée.

 

 

Un jeune homme sous-alimenté arriva en 1808 à Franckfort, accompagné d’un homme d’une quarantaine d’années.

Ce dernier expliqua que son compagnon sortait de 4 années de prison où il n’avait pas vu le soleil. En fait, Charles avait vécu comme fugitif pendant 13 ans.

Son seul besoin était devenu de trouver un endroit pour s’installer en vivre en paix et se retrouver. Il avait perdu les notions de temps, de lieux…

Mais l’Allemagne avait ses propres problèmes : les troupes de Napoléon.

 

Charles et Montmorin tombèrent dans une embuscade. Montmorin et le chef de leur escorte furent tués. Charles Louis de Bourbon ne survécu que parce qu’il perdit conscience. Il fut ainsi fait de nouveau prisonnier.

Ses ravisseurs l’emmenèrent en France, à Fort Wesel, près de la frontière, qui était équipé pour le soigner.

Là, il rencontra un autre prisonnier avec qui il se prit d’amitié. Ensemble, ils échafaudèrent un plan pour s’échapper. Ce fut lors d’un violent orage, ils sautèrent par la fenêtre alors que les gardes étaient distraits par la pluie.

Ils prirent soin de ramper, d’éviter les grandes routes, de se déplacer la nuit en évitant les zones peuplées. La journée, ils se terrèrent dans une cachette. Ils vécurent ainsi 2 semaines jusqu’à rejoindre la frontière.

Un jour, Frederich, l’ami de Louis XVII ne revint pas. Sa curiosité l’amena à rencontrer un berger allemand qui avait compris qui il était vraiment.     

 

Il poursuivit son périple jusqu’en Prusse. Là, il tenta de se faire enrôler dans l’armée prussienne, mais son accent le trahit et ne fut pas accepté. De retour à l’hôtel, il rencontra un second réparateur de montres : Pretz. Charles lui expliqua qu’état enfant, il aimait bien réparer les montres. Il lui présenta alors un autre réparateur, Weiller avec qui il se mit à travailler et à développer une petite affaire qui tournait bien.

Il s’inquiéta alors de régulariser sa situation (il n’avait pas de permis de séjour).

Il fit ainsi de nombreuses rencontres qui l’aidèrent. Madame Sonnefeld, notamment, l’aida pendant 2 ans. Elle lui fit savoir que le nouveau Chef de la Police de Berlin était un Français dénommé Le Coq.

Il lui fit une lettre d’introduction afin de résider dans la ville de son choix ainsi que des documents au nom de Karl Wilhelm Naundorff.

Le Coq reçut la lettre d’introduction au Maire de Spandau et Louis décida donc d’y aller. Sauf que Le Coq avait commis une faute, volontairement ou pas (?), dans cette lettre : il l’avait libellée non pas au nom de Karl Wilhelm Naundorff, mais de Charles Louis Naundorff ; ce qui montre que Le Coq savait pertinemment à qui il avait à faire…

Cela permit néanmoins à Charles Louis de s’y installer comme réparateur de montres avec sa licence professionnelle.

Au départ de Le Coq, les ennuis reprirent pour Louis XVII car le gouvernement français put atteindre les petites villes de Prusse.  

 

C’est à cette époque que Charles-Louis se mit à écrire à sa sœur, Marie-Thérèse, qui vivait avec son oncle Louis XVII. Il ne reçut aucune réponse.

 

Napoléon avait pris le pouvoir alors. Il écrira plus tard dans ses mémoires :

 

« Il y a une rumeur concernant Louis XVII. Ils disent qu’il s’est échappé, qu’un autre enfant lui a été substitué. »

 

 

Charles Louis décida ensuite de s’installer à Crossen et demanda la citoyenneté. Le Conseil Municipal considéra que :

 

« …il n’y a aucune raison pour que le réparateur de montres Charles Naundorff n’obtienne pas la citoyenneté de la ville. »

 

Là, il y rédigea ses mémoires.

 

Il y rencontra un colonnel, le Colonnel Netter, qui était déjà allé deux fois au palais de Versailles, et avait fait partie des forces d’occupation de 1815. Ils discutèrent tous deux des plans et du mobilier du Palais. Le Colonnel, stupéfait par la connaissances des lieux de Charles, rapporta plus tard qu’il l’avait convaincu qu’il était déjà allé au palais.

 

Karl Wilhelm Naundorff revint en France via Berlin et la Suisse pour tenter de prouver sa réelle identité : son nom commençait à soulever des questions auprès des pouvoirs publics en Allemagne et en Prusse.

Un soir qu’il se promenait place du Carrousel à Paris, il fut attaqué. La Rochefoucault rapporta les évènements à sa sœur, la Marie-Thérèse, Duchesse d’Angoulême :

 

 

 

« Madame,

 

 

 

Il s’est passé un évènement d’importance. Le 29 janvier, un homme est venu me voir en grade hâte pour m’informer que le soir précédent vers vingt heures le personnage avait été poignardé plusieurs fois à l’aide d’une dague, que l’une des plaies était profonde, mais que sa vie n’était pas en danger.

Je suis allé le voir le jour suivant et je me suis enquis en détail de ce qui était arrivé. J’ai demandé à voir les plaies. Ils me les ont montrées ainsi que ses vêtements qui étaient coupés par plusieurs coups et pleins de sang. Les blessures sont proches du cœur et à l’endroit du cœur, il y a une large ecchymose causée par un médaillon en argent qui a été percé d’un trou de part en part et semble avoir stoppé le couteau, sans cela la blessure aurait été fatale.

 

Je réalise combien il est important que vous soyez informée de tout. J’ai donc envoyé en consultation un chirurgien adroit et discret qui ne sait rien de son identité. Les faits ont été vérifiés avec une scrupuleuse précision. Il a été saigné et un régime lui a été prescrit. Le patient est en bonne forme morale, mais la plaie suppure, montrant qu’elle doit être profonde et a failli être mortelle. »

 

Les deux hommes ne lui avaient rien volé, et aucun motif à cette attaque n’a pu être identifié.

 

Charles Louis de Bourbon, son descendant, a personnellement constaté l’éraflure sur l’omoplate lors de l’exhumation de 1950 en présence du Docteur Hulst.

 

Les exhumations

Plusieurs exhumations du corps de l’enfant du Temple ont eu lieu.

 

Les médecins ayant participé à la seconde autopsie du corps de l’enfant du Temple s’entendirent sur ces faits qu’ils retranscrivirent dans leur rapport :

 

  1. Le corps était celui d’un être humain de sexe mâle.

  2. Le sujet était âgé d’au moins 14 ans.

  3. Le corps présentait un léger cas de scrofule.

(Signé) Docteur Félix de Becker et Docteur Bilhaut.

  1. Le squelette était d’un celui garçon d’au moins 18 à 20 ans.

  2. Le corps ne pouvait avoir été celui du Dauphin qui avait 10 ans et 2 mois à la date de son décès supposé.

(Signé) Docteur G. Magitot de l’Académie de Médecine, ancien Président de l’association d’Anthropologie, et Docteur L. Manouvrier, professeur à l’école d’Anthropologie. 

  1. Nous en concluons que le corps appartient à une personne d’au moins 18 ans. »

(Signé) Professeur Oscar Amodeo, professeur à l’école d’Orthodontie, et Professeur Poirier. »

 

 

  •             Les analyses ADN   

           

            Plusieurs séries d’analyses ADN ont été réalisées sur différents fragments du cœur supposé en 2000 de Louis XVII.

Toutefois, ces analyses ne tiennent pas compte des évènements de l’histoire et les organes sur lesquels les analyses ont été réalisées n’ont pas été authentifié historiquement ni biologiquement.

 

            En effet, lors de l’autopsie du présumé fils de Louis XVI en juin 1795, le Docteur Philippe-Jean Pelletan a déclaré avoir prélevé le cœur. Celui-ci fut conservé dans une urne, puis placé plus tard à côté de celle du frère de Charles Louis, Louis Joseph François Xavier de Bourbon, dans la sacristie de la basilique Saint-Denis.

            Celle-ci fut plusieurs fois mise à sac. Un cœur a été ramassé en pensant qu’il était celui de Louis XVII. Mais il n’y jamais eu d’étude destinée, non pas à prouver, mais à rechercher son origine. 

 

 

  • Le Lys de France ?

 

 

Témoignages :

 

D’autres témoignages existent.

 

Le Général Poulain du Faÿ, officier de gendarmerie a déclaré :

 

« Le Duc de Normandie a été sauvé du Temple. Le Comité du Salut public, qui avait eu connaissance de la substitution, le croyait hors de ses mains, tandis qu’il était encore adroiitement caché dans la maison du Temple. »

 

A son tour, Cambacérès avait déclaré :

« Le Dauphin n’est pas mort au Temple, mais je ne veux pas dire quand et comment il en est sorti. »

 

François-Marie Botot, l’ancien Directeur de cabinet de Barras déclare en 1835, en présence de son collaborateur J.L. Lemaître (ancien garde Royal) qui raconte la scène dans un témoignage a écrit :

 

« Le fils de Louis XVI ? Non, il n’est pas mort. Il doit vivre encore. Sous la Restauration, il a été notre sauvegarde à tous, et Louis XVIII le savait. »

 

Le Comte de Chambord, Prince d’une Haute intégrité et d’une extrême honnêteté intellectuelle, annonça à de nombreuses reprises, notamment au Cardinal Pie, au Comte de Vanssay, son secrétaire, au Marquis de Guiry, un de ses filleuls, à Madame d’Osmond, et de nombreuses autres personnes encore, qu’il ne régnerait pas car son cousin, le fils de Louis XVI était en vie, qu’il était marié, et qu’il avait descendance dynastique.  

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